Biographie de quelques mathématiciennes

Même si elles ont été parfois oubliées, il est important de savoir qu'il a existé et qu'il existe de nombreuses mathématiciennes.

Voici la biographie des plus célèbres d'entre elles (vous pouvez participer à l'élaboration de cette page en m'envoyant d'autres biographies de mathématiciennes).

 

HYPATHIA, Grèce, 370-415

Elevée par son père Théon d'Alexandrie, astronome et mathématicien dans la philosophie et les sciences, elle créa une école de philosophie et de mathématiques où elle enseigna Platon et Aristote. Son succès déplut et engendra méfiance auprès des autorités chrétiennes. Elle fut massacrée lors de manifestations qui auraient été organisées par le patriarche d'Alexandrie (aucune preuve formelle cependant). Hypathia traita de la géométrie euclidienne et réécrivit les Elements d'Euclide qu'elle commenta. On lui doit aussi des écrits relatifs aux sections coniques d'Apollonius et à l'arithmétique de Diophante, mais ces écrits ne nous sont pas parvenus. De plus, elle étudia avec son père, de façon critique, l'Almageste de Ptolémée.

 

AGNESI Maria Gaetana, Italie, 1718-1799

Philosophe, polyglotte érudite, elle fut la fille particulièrement douée d'un professeur de mathématiques de l'université de Bologne et se fit connaitre (1748) par un important traité d'analyse : les Instituzioni Analitiche qui fit référence en Europe de par ses traductions en français et en anglais. Elle fut ainsi, non seulement la première femme à éditer des travaux mathématiques, mais aussi la première à obtenir une chaire de mathématiques (et de philosophie) dans une université (1750).

 

GERMAIN Sophie, France, 1776-1831

Jeune fille très brillante, elle se passionna pour les travaux d'Archimède dont elle lisait les oeuvres dans la bibliothèque de son père, qui ne l'encouragea guère à poursuivre des études. Etudiant en cachette et devenue fort instruite, elle se vit refuser l'entrée à l'Ecole polytechnique nouvellement créée en 1794 et réservée aux hommes. Sous le pseudonyme masculin de M. Le Blanc elle correspondit avec Gauss (en Allemagne) et avec Lagrange qui devina la supercherie. Elle est la première femme à être admise aux cours de l'Académie des sciences. En mathématiques, ses travaux portèrent sur l'étude des surfaces (en particulier de leur courbure) et en théorie des nombres. En sciences physiques, elle étudia les problèmes de vibration des surfaces élastiques. Sophie Germain s'attaqua au très célèbre grand théorème de Fermat et le prouva partiellement pour une certaine classe d'entiers premiers.

 

KOVALESKAIA Sofia Vassilievna, Russie, 1850-1891 (également connue sous le nom de Sonia Kovalesky)

Elève de Helmotz à Heidelberg et de Weierstrass à Gottingen (à titre particulier car l'inscription aux universités lui était refusée), elle fut aussi romancière. Sofia Kovaleskaia reprit des travaux de Cauchy relatifs aux équations aux dérivées partielles et travailla sur les intégrales abéliennes (généralisation des intégrales elliptiques). Son étude novatrice, en mécanique, sur la rotation d'un corps autour d'un point fixe (problème ardu étudié auparavant par Euler, Lagrange et Jacobi) lui valut le prix de l'Académie des sciences de Paris (1888) et un poste à l'université de Stockholm grâce à lŐintervention du mathématicien suédois Mittag-Leffler, autre élève de Weierstrass.

 

NOETHER Emmy, Allemagne, 1882-1935

Fille du mathématicien Max Noether, elle ne put s'inscrire à l'université. Grâce à son père, elle put néanmoins suivre les cours de mathématiques des célèbres universités d'Erlangen et de Gottingen où elle rencontra David Hilbert. Les nazis, arrivés au pouvoir, la chassèrent de l'université de Gottingen, en tant que Juive, et elle dut quitter en 1933 l'Allemagne pour les Etats-Unis. Ses principaux travaux portent sur l'algèbre non commutative. Emmy Noether reste dans l'histoire des mathématiques comme la fondatrice principale de l'Algèbre abstraite, ou Algèbre moderne, qui est une des branches essentielles des mathématiques contemporaines. L'algèbre abstraite se voue à l'étude des structures, les plus classiques étant celles de Groupe, d'Anneau, de Corps. Emmy Noether a découvert des résultats nouveaux sur ces structures, et a surtout contribué, par ses recherches et par son enseignement, au développement de ce nouveau domaine des mathématiques. Ses idées ont contribué aussi au progrès de la Physique, en particulier dans la théorie de la Relativité. Malgré toutes ses qualités, elle eut des difficultés à mener une carrière normale de professeur d'université, car elle était une femme, dans un milieu exclusivement masculin... Elle bénéficia cependant de l'estime et de l'appui de David Hilbert, d'Albert Einstein et de Felix Klein.

 

Merci à Chronomaths